Le Lévézou : un territoire, notre avenir

Prémices de la fin d’une ère, ici et ailleurs

Citoyens d’un territoire un peu reculé, nous percevons les prémices de la fin d’une ère. Comme de nombreux autres citoyens du monde, nous ressentons concrètement les crises financières, le dérèglement de la nature (météo, sécheresses, évolution des saisons, pénuries d’eau…). Nous sommes solidaires, bien malgré nous, des autres humains de cette planète. De nombreuses prévisions sérieuses prévoient un basculement économique, climatique, alimentaire mondial avant 2025 (*Voir bibliographie). Mais alors, comment agir ?

Revenir aux valeurs fondamentales

Aujourd’hui nous vivons dans un système économique et politique qui oriente nos comportements et nous permet de mettre en commun des biens et des services. Mais ce système s’est mis à exister sans prendre en compte ce dont il dépend : les ressources naturelles. L’ « économie » devrait être l’ « art de bien gérer sa maison », c’est-à-dire notre planète. Cela semble être tout le contraire. Mais alors, l’économie, le commerce, la libre concurrence doivent-ils disparaître ? Peut-être pas, mais ils doivent au moins respecter quelques valeurs fondamentales : faire en sorte qu’enfin le prix des choses soit lié à leur coût naturel réel.

Sans nature pas d’êtres humains, sans êtres humains pas d’économie.  A qui devons nous-nous adapter, nous soumettre ? Aux lois économiques actuelles ou aux lois naturelles millénaires ?  Obéir à une économie contraire aux lois naturelles est forcément destructeur.

Alors que faire de l’économie actuelle ? La supprimer ? Est-ce possible ?
Nous pouvons commencer par lui demander de respecter les lois de la nature : ce qui coûte cher à la nature doit coûter cher à nos portefeuilles (publics ou privés).

L’économie actuelle subventionne la nuisance, c’est stupide !

Dans l’économie actuelle, ce qui coûte cher à la nature est bon marché. C’est stupide. Prenons l’exemple de 2 yaourts : le yaourt A, localisé et issu de son territoire; et le yaourt B, industriel délocalisé.

A – Le yaourt, localisé et issu de son territoire.

La vache a brouté un peu d’herbe de saison, du foin des prairies alentours et des céréales de la ferme. Le yaourt est emballé dans un pot en verre, consigné et recyclable à l’infini. Il est livré en direct sur le lieu de vie du consommateur qui n’habite pas trop loin de la vache. Avec un yaourt dont l’herbe est issu de pâturages sans engrais chimiques, beaucoup moins de pétrole est utilisé.

B – Le yaourt industriel, délocalisé.

L’alimentation de la vache laitière est complété par un tourteau de soja importé des Amériques et très cher en pétrole (engrais, transports d’importations,…). L’emballage du yaourt a coûté des millions d’année de travail de la nature pour son plastique et ses arômes artificiels issus du pétrole. La matière alimentaire s’est vue transportée maintes fois (le lait -> laiterie et l’industriel -> grossistes -> magasins -> domiciles des consommateurs …), et a fait des centaines de kilomètres. Pour le transport et le stock, de longues périodes en frigos (rayons, camions…) ont été nécessaires.

Bilan : qui coûte quoi ? à qui ?

Pour la nature, le yaourt B coûte au moins 2 fois plus d’énergie, 3 fois plus de CO2. Il puise dans les millions d’années nécessaires à fabriquer le pétrole (énergie fossile non renouvelable). Avec un peu de bon sens, le yaourt B industriel délocalisé devrait au moins coûter 2 fois plus cher que le yaourt A local. Comment  expliquer alors que l’économie actuelle puisse rendre le yaourt local plus cher que le yaourt industriel ? Comment accepter qu’une économie « normale » puisse être contre Nature ?

Le pétrole est tellement peu cher pour l’industrie du yaourt, que faire mal à la planète ne fait pas mal au portefeuille. Le pétrole est tellement peu cher pour l’industrie, qu’un gaspillage énorme d’énergie coûte toujours moins cher que des salariés. Pourquoi le travail est tant taxé et le pétrole si peu ? Pourquoi dans le prix du pétrole ne retrouve-t-on pas le prix faramineux des guerres (Lybie, Afghanistan, Irak…) qui servent à garantir son approvisionnement ?

L’économie actuelle, en taxant trop le travail et en subventionnant le pétrole nous incite à :

  • acheter le yaourt B moins cher, et donc nuire à la nature, à l’humanité et à nous-mêmes.
  • produire dangereusement en utilisant les nombreux produits payants fournis par l’industrie pétrolière, et dont l’impact écologique est majeur (engrais, pesticides, insecticides…)

Agir, ici et pour demain

Certains nous diront : on ne peut rien faire. Depuis quand l’homme baisse les bras ? Il a domestiqué la nature, et il ne pourrait pas domestiquer  l’économie, une de ses créations ? Le temps de changer est venu, c’est de chaque cerveau et d’en bas que ce changement viendra. Et le Lévézou est un territoire favorable à cela.

Le Lévézou, l’Aveyron, compétitifs sur tous les fondamentaux de demain

Que reste-t-il de plus important quand tout bascule ? L’eau, la nourriture, l’énergie.

Que devra apprendre l’humanité avant 2025 ? A produire sans nuire et sans pétrole cette nourriture et cette énergie.  Depuis quelques années, l’Aveyron est nommé 1er département écologique de France par la presse nationale. Le Lévézou est au cœur de ce classement écologique, pourquoi ?

Le Lévézou, producteur et exportateur d’énergie propre

  • L’Aveyron = 10% de l’hydroélectricité en France. L’Aveyron figure dans les 20 premiers départements de France pour l’électricité photovoltaïque
  • Les lacs du Lévézou alimentent la centrale du Pouget : 423 000 kW soit l’équivalent d’une demie centrale nucléaire en puissance.
  • L’Aveyron concentre 54% de la puissance éolienne raccordée au réseau en Midi-Pyrénées. Canet-de-Salars/Pont-de-Salars et Salles Curan représentent l’un des plus grands parcs éoliens de France.

Le Lévézou, producteur et exportateur de nourriture propre

  • L’Aveyron possède la 1ère plus grande surface agricole certifiée bio de France et la commune d’Arvieu fait partie des championnes en Aveyron.
  • Le département joue également un rôle déterminant en matière d‘élevage ovin bio : 1er rang national avec 34 895 brebis bio produites en 2010 soit près du quart du cheptel ovin bio national.

Le Lévézou, fournisseur et exportateur d’eau potable

  • Le Lévézou et ses lacs fournissent l’eau potable de Rodez et de ses environs.

Le Lévézou, un avenir ultra-compétitif  ?

Notre territoire est devenu ultra-compétitif grâce à ses ressources naturelles. Cette promesse d’avenir nous confère aussi une responsabilité énorme : celle de défendre et de préserver ces richesses naturelles des convoitises trop mercantiles. Nous sommes sur un territoire où demain peut nous appartenir grâce à la nature environnante. A nous d’avoir le mental, la conscience et l’esprit d’équipe suffisants pour faire du Lévézou une valeur économique et humaniste, pour ici et pour ailleurs.

Pour aller plus loin

Les sources

  • L’Aveyron économique, à retrouver sur http://www.aveyron-expansion.asso.fr/fr/contacts_brochures/
  • Le livre « Basculement » : http://www.basculement-rebond.com/site/index.php
  • Eau potable Rodez : http://www.mairie-rodez.fr/fr/urbanisme_environnement/eau/documents/rodez_eau.pdf
  • Le yaourt, co2, énergie : http://www.inrets.fr/fileadmin/ur/dest/PDF/Journee_Supply-Chain/rappSupplyChain-final.pdf

Article rédigé par Vincent BENOIT avec l’aide de la commission communication de la mairie d’Arvieu et de l’association les Loco Motivés. www.loco-motives.fr

Réunion loco-motivés, producteurs

Ce 29 octobre 2012, une réunion loco-motivés producteurs a lieu à Arvieu, au Cantou, à 20h30.

1. points à valider : lieu de distribution, flyer paniers
2. Point sur les engagements de chaque producteurs : tour de table. (cf doc envoyé)
3. Vers quelle forme juridique : avantages / inconvénients de chaque forme.
4. Dossiers de demande d’aides
5. Stratégie / Plan de communication

Réunion de producteurs : s’organiser pour intensifier les paniers hebdomadaires

Anthony Degoute, du Fournil de Caplongue, dans ses divers échanges avec les producteurs, et dans le cadre de son projet professionnel a décidé de réunir plusieurs producteurs dont la plupart sont membres des Loco-motivés. L’objectif étant de voir s’il est possible de construire une offre de paniers hebdomadaires, avec un volume de 100 paniers par semaine en moyenne, et ceci courant 2013.

La date et le lieu de cette réunion ont finalement été fixés, ce lundi 15 octobre, au Cantou d’Arvieu. Les loco-motivés seront donc de la partie pour présenter leur démarche et le premier retour chiffré de l’expérience démarrée en janvier 2012.