Stage pratique 3-6 mois : tests mutualisés du robot Oz en maraîchage bio ?

Quand on est maraîcher bio, le désherbage, le binage, ça prend du temps ! Un petit robot existe, c’est le Robot Oz, de NAIO technologies. Autonome, qui consomme peut d’énergie, il peut passer entre des rangées de 60 cm et s’occuper de quelques tâches fastidieuses. Mais cela nécessite d’adapter un peu son terrain, de le prendre en main, … ce n’est pas gagné de manière isolée pour un maraîcher de louer seul le matériel et de s’engager dans ces tests.

Aux LocoMotivés, nous avons donc décidé de démarrer une expérience collective et mutualisée en Aveyron en partenariat avec une entreprise proche NAIO et plusieurs maraîchers qui ont souhaités voir la machine fonctionner sur leur parcelle. Alors, si vous cherchez un stage, innovant, à la fois technique et paysan. Si vous n’avez pas peur de la pluie, du soleil, de la mauvaise herbe,
si vous aimez mettre des bottes,
si les nouvelles technologies et la « bricole » ne vous horrifient pas,
si vous souhaitez rencontrer des personnes exceptionnelles qui ont fait des choix de vie parfois difficiles mais en cohérence avec leurs valeurs,
ce stage est fait pour vous !

Lors de ce stage vous serez en contact avec NAIO et serez au service de plusieurs maraichers volontaires. Un véhicule sera mis à votre disposition pour organiser des tournées tests avec le robot. Le stage peut commencer dès le mois d’avril.

L’offre de stage détaillée, cliquez-ici

Partagez, faites tourner !

La sobriété joyeuse

Une analyse de la consommation de masse qui cole parfaitement à l’expérience des Loco Motivés : http://www.lamelee.com/article/midenews/Eclairages/finie-la-consommation-de-masse-passons-a-la-sobriete-joyeuse

« Finie la consommation de masse : passons à la sobriété joyeuse ! »
Propos recueillis par Pascal Boiron, MID e-news | 13 novembre 2015

Entretien avec Philippe Moati, professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot et cofondateur de l’Observatoire Société et Consommation (l’OBSOCO), qui interviendra le 14 décembre prochain à Toulouse lors de la Nuit des Réseaux.

- Vous interviendrez le 14 décembre 2015 à Toulouse lors de la Nuit des Réseaux sur le thème de la fin de la consommation de masse : quels faits vous amènent à une telle affirmation alors que les outils de vente sont de plus en plus perfectionnés ?
Philippe Moati : Trois principaux constats conduisent vers cette conclusion. Le premier – le principal – est tout simplement que le modèle de la consommation de masse est devenu insoutenable au niveau environnemental. La diffusion en cours de ce modèle au sein des pays émergents, très peuplé et à croissance rapide, rend la question de plus en plus brulante. Le deuxième réside dans la contradiction entre l’intensification des incitations à consommer, notamment grâce aux apports du numérique ou à l’efficacité du marketing et les tensions persistantes sur le pouvoir d’achat. Un système qui attise le désir sans donner les moyens de le satisfaire crée de la frustration et peut se révéler intenable sur le plan social. Le troisième point est que le modèle économique de la consommation de masse a beaucoup perdu de son efficacité : alors que, dans les pays riches, les besoins de base sont largement couverts, la soif de consommation tend naturellement à décliner, d’où ces efforts croissants pour entretenir le désir de consommer. La voie royale est l’innovation technologique radicale permettant de mettre sur le marché des biens ou des services radicalement nouveaux. Par définition, il s’agit d’évènements relativement rares. Le plus souvent, la stimulation de la demande passe par la pseudo innovation, l’inflation des dépenses marketing et, surtout, la surenchère promotionnelle. Tout cela conduit à une inflation de « coûts de vente » dans un contexte de concurrence exacerbée qui pèse sur la rentabilité. Cerise sur le gâteau, ces leviers de stimulation de la demande sont de plus en plus mal perçus par les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à dénoncer la face déceptive de ce modèle de consommation

- N’assiste-t-on pas finalement à la victoire d’une vision marxiste de la société ?
Philippe Moati : Non, parce que le retour de la « critique » de la société de consommation est rarement empreint d’une vision politique. Selon les enquêtes de l’ObSoCo, un Français sur deux aspire à consommer mieux, ce qui témoigne d’un fort sentiment d’insatisfaction à l’égard de la manière dont la consommation est organisée aujourd’hui. Mais à y regarder de plus près, les Français restent dans leur très grande majorité attachés à l’hyperconsommation. Et comment s’en étonner ? La consommation a rempli le vide ambient, et au travers de la promesse de bonheur à la clé, elle reste une méta-valeur dans les sociétés occidentales. La volonté de consommer mieux s’ancre dans la dénonciation des effets pervers du modèles de consommation de masse sur le plan de l’impact environnemental, mais surtout par rapport aux intérêts des consommateurs eux-mêmes : faible durabilité des produits, risques pour la santé… nourrissent un sentiment de déception qui se traduit en défiance à l’égard des grands acteurs de l’offre. On a là un des principaux moteurs de l’engagement massif des Français dans des formes émergentes de consommation, dont la consommation collaborative est la composante la plus visible et sans doute la plus spectaculaire.

- Quel est le rôle du numérique dans ce contexte, sachant que, dans le même temps, on le salue parce qu’il rend possible la consommation dite « collaborative » et on lui reproche de fragiliser l’emploi en participant à « l’uberisation » de l’économie ?
Philippe Moati : Le numérique, en soi, est neutre ! Ce n’est qu’un outil, pas un projet de société ou un modèle de consommation. Le numérique est utilisé par tout le monde : par ceux qui ont perpétré les assassinats de janvier 2015 et par ceux qui luttent contre eux, par ceux qui prônent les idées extrémistes ou nationalistes et par ceux qui veulent les contrer. On parle beaucoup du numérique parce qu’il est à la fois spectaculaire et mystérieux, mais le véritable enjeu est réside dans les lames du fond qui orientent le changement économique et sociétal. On voit déjà, au travers du CRM ou du big data comment le numérique peut tenter de redonner du tonus à un modèle qui s’épuise. Mais on voit aussi que le numérique est au cœur des nouvelles pratiques de consommation, dites collaboratives.

- Votre constat est qu’un modèle de consommation disparaît mais on ne perçoit pas nettement celui qui va lui succéder : n’est-ce pas une vision trop angoissante des évolutions en cours ?
Philippe Moati : Ce « saut dans le vide » est le propre de toutes les périodes de mutation. Ce qui intéressant, c’est que l’impulsion vient de la base. Les pratiques émergentes de consommation qui, selon les enquêtes de l’ObSoCo touchent désormais annuellement plus de 60 % de la population, ont le plus souvent été initiées par la base, dans les milieux militants, ou associatifs. Il y a en réalité un foisonnement d’innovations qui témoigne d’une volonté de consommer mieux tout en donnant du sens. Les startups sont souvent alors des caisses de résonnance. Nous sommes en passe de changer d’échelle car de plus en plus d’acteurs de l’économie traditionnelle, conscients des limites de leur modèle, sont engagés dans un processus de transformation. Beaucoup sont en train de comprendre que leur avenir n’est plus dans le fait de vendre toujours plus de produits, mais dans leur capacité à accompagner leurs clients dans la résolution de problèmes. Ils trouveront d’ailleurs dans le numérique de formidables ressources pour assurer la viabilité de modèles économiques serviciels. Et ce type de modèles, centré sur le résultat plus que sur les moyens, permet d’envisager un modèle de consommation moins gourmand en ressources naturelles ! Il y a donc derrière les mutations en cours de véritables facteurs d’espoir.

Propos recueillis par Pascal Boiron, MID e-news

 

Le Lévézou : un territoire, notre avenir

Prémices de la fin d’une ère, ici et ailleurs

Citoyens d’un territoire un peu reculé, nous percevons les prémices de la fin d’une ère. Comme de nombreux autres citoyens du monde, nous ressentons concrètement les crises financières, le dérèglement de la nature (météo, sécheresses, évolution des saisons, pénuries d’eau…). Nous sommes solidaires, bien malgré nous, des autres humains de cette planète. De nombreuses prévisions sérieuses prévoient un basculement économique, climatique, alimentaire mondial avant 2025 (*Voir bibliographie). Mais alors, comment agir ?

Revenir aux valeurs fondamentales

Aujourd’hui nous vivons dans un système économique et politique qui oriente nos comportements et nous permet de mettre en commun des biens et des services. Mais ce système s’est mis à exister sans prendre en compte ce dont il dépend : les ressources naturelles. L’ « économie » devrait être l’ « art de bien gérer sa maison », c’est-à-dire notre planète. Cela semble être tout le contraire. Mais alors, l’économie, le commerce, la libre concurrence doivent-ils disparaître ? Peut-être pas, mais ils doivent au moins respecter quelques valeurs fondamentales : faire en sorte qu’enfin le prix des choses soit lié à leur coût naturel réel.

Sans nature pas d’êtres humains, sans êtres humains pas d’économie.  A qui devons nous-nous adapter, nous soumettre ? Aux lois économiques actuelles ou aux lois naturelles millénaires ?  Obéir à une économie contraire aux lois naturelles est forcément destructeur.

Alors que faire de l’économie actuelle ? La supprimer ? Est-ce possible ?
Nous pouvons commencer par lui demander de respecter les lois de la nature : ce qui coûte cher à la nature doit coûter cher à nos portefeuilles (publics ou privés).

L’économie actuelle subventionne la nuisance, c’est stupide !

Dans l’économie actuelle, ce qui coûte cher à la nature est bon marché. C’est stupide. Prenons l’exemple de 2 yaourts : le yaourt A, localisé et issu de son territoire; et le yaourt B, industriel délocalisé.

A – Le yaourt, localisé et issu de son territoire.

La vache a brouté un peu d’herbe de saison, du foin des prairies alentours et des céréales de la ferme. Le yaourt est emballé dans un pot en verre, consigné et recyclable à l’infini. Il est livré en direct sur le lieu de vie du consommateur qui n’habite pas trop loin de la vache. Avec un yaourt dont l’herbe est issu de pâturages sans engrais chimiques, beaucoup moins de pétrole est utilisé.

B – Le yaourt industriel, délocalisé.

L’alimentation de la vache laitière est complété par un tourteau de soja importé des Amériques et très cher en pétrole (engrais, transports d’importations,…). L’emballage du yaourt a coûté des millions d’année de travail de la nature pour son plastique et ses arômes artificiels issus du pétrole. La matière alimentaire s’est vue transportée maintes fois (le lait -> laiterie et l’industriel -> grossistes -> magasins -> domiciles des consommateurs …), et a fait des centaines de kilomètres. Pour le transport et le stock, de longues périodes en frigos (rayons, camions…) ont été nécessaires.

Bilan : qui coûte quoi ? à qui ?

Pour la nature, le yaourt B coûte au moins 2 fois plus d’énergie, 3 fois plus de CO2. Il puise dans les millions d’années nécessaires à fabriquer le pétrole (énergie fossile non renouvelable). Avec un peu de bon sens, le yaourt B industriel délocalisé devrait au moins coûter 2 fois plus cher que le yaourt A local. Comment  expliquer alors que l’économie actuelle puisse rendre le yaourt local plus cher que le yaourt industriel ? Comment accepter qu’une économie « normale » puisse être contre Nature ?

Le pétrole est tellement peu cher pour l’industrie du yaourt, que faire mal à la planète ne fait pas mal au portefeuille. Le pétrole est tellement peu cher pour l’industrie, qu’un gaspillage énorme d’énergie coûte toujours moins cher que des salariés. Pourquoi le travail est tant taxé et le pétrole si peu ? Pourquoi dans le prix du pétrole ne retrouve-t-on pas le prix faramineux des guerres (Lybie, Afghanistan, Irak…) qui servent à garantir son approvisionnement ?

L’économie actuelle, en taxant trop le travail et en subventionnant le pétrole nous incite à :

  • acheter le yaourt B moins cher, et donc nuire à la nature, à l’humanité et à nous-mêmes.
  • produire dangereusement en utilisant les nombreux produits payants fournis par l’industrie pétrolière, et dont l’impact écologique est majeur (engrais, pesticides, insecticides…)

Agir, ici et pour demain

Certains nous diront : on ne peut rien faire. Depuis quand l’homme baisse les bras ? Il a domestiqué la nature, et il ne pourrait pas domestiquer  l’économie, une de ses créations ? Le temps de changer est venu, c’est de chaque cerveau et d’en bas que ce changement viendra. Et le Lévézou est un territoire favorable à cela.

Le Lévézou, l’Aveyron, compétitifs sur tous les fondamentaux de demain

Que reste-t-il de plus important quand tout bascule ? L’eau, la nourriture, l’énergie.

Que devra apprendre l’humanité avant 2025 ? A produire sans nuire et sans pétrole cette nourriture et cette énergie.  Depuis quelques années, l’Aveyron est nommé 1er département écologique de France par la presse nationale. Le Lévézou est au cœur de ce classement écologique, pourquoi ?

Le Lévézou, producteur et exportateur d’énergie propre

  • L’Aveyron = 10% de l’hydroélectricité en France. L’Aveyron figure dans les 20 premiers départements de France pour l’électricité photovoltaïque
  • Les lacs du Lévézou alimentent la centrale du Pouget : 423 000 kW soit l’équivalent d’une demie centrale nucléaire en puissance.
  • L’Aveyron concentre 54% de la puissance éolienne raccordée au réseau en Midi-Pyrénées. Canet-de-Salars/Pont-de-Salars et Salles Curan représentent l’un des plus grands parcs éoliens de France.

Le Lévézou, producteur et exportateur de nourriture propre

  • L’Aveyron possède la 1ère plus grande surface agricole certifiée bio de France et la commune d’Arvieu fait partie des championnes en Aveyron.
  • Le département joue également un rôle déterminant en matière d‘élevage ovin bio : 1er rang national avec 34 895 brebis bio produites en 2010 soit près du quart du cheptel ovin bio national.

Le Lévézou, fournisseur et exportateur d’eau potable

  • Le Lévézou et ses lacs fournissent l’eau potable de Rodez et de ses environs.

Le Lévézou, un avenir ultra-compétitif  ?

Notre territoire est devenu ultra-compétitif grâce à ses ressources naturelles. Cette promesse d’avenir nous confère aussi une responsabilité énorme : celle de défendre et de préserver ces richesses naturelles des convoitises trop mercantiles. Nous sommes sur un territoire où demain peut nous appartenir grâce à la nature environnante. A nous d’avoir le mental, la conscience et l’esprit d’équipe suffisants pour faire du Lévézou une valeur économique et humaniste, pour ici et pour ailleurs.

Pour aller plus loin

Les sources

  • L’Aveyron économique, à retrouver sur http://www.aveyron-expansion.asso.fr/fr/contacts_brochures/
  • Le livre « Basculement » : http://www.basculement-rebond.com/site/index.php
  • Eau potable Rodez : http://www.mairie-rodez.fr/fr/urbanisme_environnement/eau/documents/rodez_eau.pdf
  • Le yaourt, co2, énergie : http://www.inrets.fr/fileadmin/ur/dest/PDF/Journee_Supply-Chain/rappSupplyChain-final.pdf

Article rédigé par Vincent BENOIT avec l’aide de la commission communication de la mairie d’Arvieu et de l’association les Loco Motivés. www.loco-motives.fr

La résilience, concept clé des initiatives de transition

Article intéressant sur ce qu’est la résilience. Ce mot vient éclairer le projets des loco-motivés : un projet de gens, qui en tissant des liens entre eux, améliorent ensemble leur capacité à mieux vivre, à mieux partager, à mieux résister aux changements brutaux.
Mieux se nourrir, localement, c’est déjà tout un programme d’organisation résiliente.

http://www.transitionfrance.fr/wp-content/uploads/2010/10/Pablo-Resilience2.pdf

Mouvement Colibris, coopérer pour changer

Initialement appelé Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi.

Ce site, très documenté, nous montre la multitude des initiatives citoyennes à travers le monde : sobriété énergétique, manger local, souveraineté alimentaire.

 

Territoires en transition

Les personnes à l’origine du projet Loco-Motivés ont été largement inspirées, du concept de « territoire en transition » (voir : http://www.transitionfrance.fr/ ) dont les trois objectifs sont de :

  • réduire la consommation d’énergie fossile, en partant du principe que c’est une énergie qui est vouée à disparaître.
  • reconstruire une économie locale vigoureuse et résiliente, c’est à dire qui est capable de faire face à des évènements extérieurs imposés (crise économique, fin de l’économie pétrolières, aléas climatiques, etc).
  • acquérir des compétences au niveau local qui deviendront nécessaires.

Le territoire de la première expérimentation (Lévézou et Arvieu), est un terrain propice à la mise en oeuvre de ces trois objectifs. La re-localisation de notre alimentation reste notre objectif principal mais nous restons attentifs à toutes les initiatives mondiales autour de ce thème. Cette page relaiera les expériences « coup de coeur » du réseau mondial des communautés locales qui agissent pour l’avenir.